Le kimono au Japon

Le KIMONO (de kiru et mono) signifie littéralement : » Quelque chose que l’on porte sur soi ».

Le kimono est un vêtement multifacette qui porte des siècles d’histoire dans son tissu. Bien qu’ancien et associé au Japon, il reste un intemporel mondial. Le kimono japonais a pu se faire une place dans la mode depuis l’époque Edo (1600-1868).

Au début, le kimono dérive d’un vêtement chinois. Il est alors mal adapté au climat japonais. Les Japonais vont alors se l’approprier : ils le géométrisent totalement, il est porté de façon assez contraignante, le col est reporté légèrement en arrière permettant ainsi de dégager la nuque des femmes. Il est également important de noter que le kimono japonais est à la fois un vêtement masculin et féminin. Peu importe qui le porte, le kimono japonais va à tout le monde ! Si le kimono traditionnel japonais est porté par les deux sexes, seuls les usages, les ornements, les couleurs et les accessoires permettent de les différencier.

La mode du kimono s’exporte tardivement. Elle arrive réellement en Europe dans la seconde moitié du XIXème siècle, début de l’ère Meiji (1868-1912) au Japon. Ainsi, dans les expositions universelles organisées en Europe, on voit arriver ce vêtement exotique. Il surprend par sa forme très rigoureuse, géométrique en forme de T. Il est réalisé avec des bandes de tissu de 13 à 15 mètres, de même largeur (35 cm), pliées mais jamais recoupées. Ce qui est intéressant avec le kimono japonais c’est qu’il offre une grande surface pour l’ornement et les décors, à la fois complexes et cohérents. C’est un vêtement porteur de force visuelle et de sens, notamment grâce à de somptueux motifs évocateurs.

Également, l’importance de ses manches lui donne un air majestueux et permet de théâtraliser la gestuelle des femmes. Ce dernier élément impressionne et retiendra beaucoup plus tard, l’attention des couturiers occidentaux.

Selon la tradition, son port est très codifié. En fonction de la couleur, des motifs, de la croisure, des longueurs des manches, il permet de renseigner très précisément sur le statut social, marital, l'âge, un événement caractéristique de la personne qui le porte. Traditionnellement, il est fabriqué avec des textiles de soie, de coton, de lin, uni ou teint à la réserve (technique SHIBORI) et est très souvent brodé.

Ainsi, les jeunes femmes célibataires portent le FURISODE entièrement recouvert de motifs, avec des manches très longues et flottantes (HITOE) pouvant aller jusqu’à 1 mètre. 

A l’opposé, le TOMESODE, avec des manches plus courtes (KOSODE) est porté par les femmes mariées. Les motifs partent en dessous de la taille et continuent parfois sur les épaules et les manches (HUMONGI).

Le SHIROMUKU, ou UCHIKAKE quand les manches sont longues, est le kimono du mariage de couleur blanche, avec des motifs colorés. 

Le kimono commencera à être relégué au vestiaire d’exception après la deuxième guerre mondiale, les Japonais(e)s adoptant pour leur quotidien, un mode d’habillement plus occidental et adapté à la vie contemporaine. Cependant, pour les événements importants et festifs de leur vie, elles remettent leurs kimonos.

Le port du kimono, pour le maintenir en place, nécessite une ceinture importante appelée OBI  fermée par un nœud magistral situé dans le dos. La façon de le nouer exprime la classe sociale, l’état matrimonial, etc. Le OBI assez rigide sert en quelque sorte de corset sur la tenue.  IL peut être très large jusqu’à 33 cm, et très long jusqu’à 4,5 m.

Les couturiers japonais et occidentaux ont montré toute la modernité du kimono. La pureté de la coupe fait que cette dernière peut être adaptée à des vêtements beaucoup plus « sport », donnant ainsi une seconde vie au kimono. Le kimono s’est aussi beaucoup raccourci (HAORI - veste courte). Au Japon, certains hommes portent la veste kimono dans une atmosphère détente. En Occident également, beaucoup d’hommes et de femmes utilisent le kimono YUKATA de coton ou de lin comme vêtement d’intérieur car il est extrêmement confortable à porter.

Si au Japon, le kimono est un vêtement usuel (et à l’origine, un vêtement très populaire), en Occident, on en a fait un objet de luxe et de prestige que les plus grandes maisons de couture se réapproprient.